Fotosintesia
La Terre, les Semences, l'Eau, la Vie.
Mettre en réseau les acteurs d'un nouveau monde

Pierre Rabhi

Pierre Rabhi parle des gaz de Schiste :


Pierre Rabhi : la question des gaz de schiste par etre-au-monde

Un très bel entretien avec Pierre Rabhi réalisé par Camille Couteau à écouter ICI.

« Un jour, l’économie du don fera voler en éclats le capitalisme. » JD

Comme la rencontre avec Jacques Collin a été déterminante pour ma compréhension de l’Eau, celle avec Pierre Rabhi l’a été pour élargir ma vision de la Terre, du rôle sacré de l’humus et de son lien indissoluble avec les autres règnes de la Création.
Pierre aime à nous rappeler que "Humus, Humidité, Humanité et Humilité" ont la même racine.
Cet homme m’a profondément inspiré dans le développement de Fotosintesia.
Notre amitié féconde et créative m’accompagne sur mon chemin sur cette Planète.
Je remercie Pierre de qui il est et de ce qu’il offre sans compter à notre humanité et à notre merveilleuse Planète.
Je souhaite partager avec vous ce texte de Pierre qu’il a écrit à ma demande pour une soirée des Brahma Kumaris au théâtre Dejazet en mai 2009. Le thème en était le Silence...

"Ce petit message que mon amie Claire m’a demandé n’a d’autre ambition que de me permettre d’être en communion avec vous ce soir, en vous partageant ce qui fait mon ressenti et ma pensée en ces temps incertains.

Il est très fort probable que l’humanité n’ait jamais vécu une mutation aussi importante et décisive que celle qui bouleverse le monde contemporain. Importante par la complexité et l’ampleur des enjeux à l’échelle planétaire, et décisive par le message qui a pris la forme d’un ultimatum qu’elle adresse à l’espèce humaine, l’invitant à changer pour ne pas disparaître.
La relation ambigüe à nous même induit une relation aux autres faite d’incompréhension, de violences multiformes où l’homme détruit l’humain sur une planète vaisseau, en mutinerie permanente. Par ailleurs, il est vain de croire que nous pouvons continuer à transgresser les lois les plus élémentaires de la vie sans encourir de graves sanctions. Celles-ci se manifestent depuis longtemps sans que nous en tenions compte, ajournant sans cesse les résolutions qu’elles devraient nous inspirer si nous avions l’intelligence.
Ce que nous appelons la crise n’est que l’une des manifestations de la confusion qui nous habite. Elle joue ainsi le rôle d’une diversion nous empêchant d’aller à la racine du problème .Nous continuons à croire que l’état d’esprit qui a engendré la crise peut également la résoudre : l’acharnement thérapeutique qu’exerce la gouvernance du monde censé prolonger la vie du système de société dominant , prolonge en réalité son agonie. C’est le modèle tout entier qui est à changer. L’impuissance à résoudre les problèmes de l’indigence galopante commence à rendre intelligible cette évidence. La vision qui a inspiré notre modèle de société méprisant l’essence même de l’intelligence de la vie en a profané le caractère sacré par un matérialisme obsessionnel donnant à la finance les pleins pouvoirs sur toute forme de vie et sur le destin même de chaque être humain.
Sans argent, l’être humain au cœur même de la prospérité ne peut plus avoir d’existence.
Et pourtant dans ce chaos inextricable, propice à tous les découragements, des consciences de plus en plus nombreuses s’éveillent et, tels des ferments bénéfiques, ensemencent un avenir qui peut être fertile. Ces consciences ont compris que l’avènement d’un monde apaisé, dans lequel il fera bon vivre pour s’accomplir et pas seulement exister pour produire et consommer, est possible.
Sa construction passe par notre jardin secret, en ce lieu intime que chacune et chacun de nous est invité à cultiver, en transformant nos déchets intérieurs en un humus vital : cet humus, matière et symbole, est aussi humanité, humidité et humilité dont la puissance à entretenir la vie est miraculeux. Unir nos consciences avec cette alchimie est la voie juste, et rien n’est plus beau que cette voie car elle instaure une spiritualité libre, n’appartenant à rien d’autre qu’à elle même. Car elle a le pouvoir d’abolir tout ce qui divise et s’oppose à l’unité du genre humain au sein d’une réalité naturelle à laquelle il devra toujours sa vie, sa joie et sa pérennité."

Pierre RABHI, Lablachère le 28 mai 2009.

LA SOBRIETE HEUREUSE Conférence de Pierre Rabhi le jeudi 11 février 2010

Bonjour les amis,

Je sais qu’il y en a parmi vous qui ont fait la queue pour la conférence de Pierre Rabhi jeudi 11 février à l’Entrepôt et sont restés dehors. Froid partout, à l’âme et au corps. D’autres n’étaient pas là et auraient apprécié ce moment. Ce texte est également pour eux et aussi pour des amis qui étaient présents et qui seront sûrement ravis de résonner encore à cette vibration.

Voici un bref résumé afin que vous ne soyez pas privé de cette synthèse des choses graves dites, pourtant, avec poésie… et humour ! Je ne vous apprendrai pas que Pierre Rabhi fait partie de ces grands philosophes qui disent et redisent des vérités primordiales d’une manière telle qu’elles progressent, s’intensifient et sont même de plus en plus fraîches. On peut même dire que ses propos reprennent, ça et là, ce que l’on a pu découvrir chez de grands précurseurs comme Henri David Thoreau, Tolstoï et Gandhi. La différence c’est qu’eux, visionnaires en action, nous mettaient en garde alors que lui, témoin et acteur, nous presse de changer aujourd’hui. Face à l’urgence. Et même de commencer par un changement individuel.

Pour ma part, je savoure toujours la modestie des plus grands. Ainsi donc, Pierre Rabhi s’est-il présenté de la façon suivante : « je vous remercie d’être venus à cette conférence… mais ce sera plutôt un échange. Je n’ai pas de formation particulière ou de diplômes et pas de prétention. Cet échange repose plutôt sur l’expérience et le témoignage ». Autre présentation touchante et nouvelle pour moi, celle de son père. Il a décrit quelqu’un au passé d’artiste, chanteur et poète devenu mineur par obligation. Rentrant le soir, fatigué, noirci, souillé. Et lui, petit Pierre vivant ça comme une profanation.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que je remarque un homme stimulé, dans son talent et sa force, par la douleur d’avoir vu son père rabaissé ou par l’expérience de sa propre humiliation (exemple : Gandhi).

Si l’on voulait vraiment réduire la conférence de Pierre Rabhi, non pas au sens péjoratif du terme réduire mais au sens alchimique et à celui de la quintessence, on pourrait dire : « réfléchissez et même méditez sur la force et la beauté du titre du discours : « La sobriété heureuse ». Dans ses propos, Pierre insiste sur les deux causes responsables de l’état actuel du monde : la cupidité et la sempiternelle domination de l’homme par l’homme. Ainsi, cette proposition de « sobriété heureuse » m’apparaît-elle comme la fleur de lotus fièrement érigée, les pieds dans la boue. Je pourrais m’en tenir là car c’est l’essentiel.

Pourtant, je ne veux pas oublier certaines notions retenues au passage : sa remarque sur l’Occident qui a inventé le temps-argent, le temps suractivé. Ses déclarations, cachées pour les uns, évidentes pour les autres, disant :

Que la modernité est une immense IMPOSTURE.

Que notre culture et notre pensée ont amené la FRAGMENTATION aliénante qui a notamment conduit au Taylorisme médical ( !).

Que pour la Terre dont il s’occupe et qu’il aime on fait, en agriculture, de l’acharnement thérapeutique sur un sol et des plantes malades. Qu’on applique un système qui ne marche pas et que l’on prolonge l’agonie.

Que l’école est le lieu ou l’on prépare les inégalités.

Que si nos énergies s’arrêtent, seuls peuvent survivre les peuples habitués à vivre sans pétrole ni électricité !

Que 60% des Africains ont moins de 17 ANS…

Que le « secourisme social » des ONG dédouane l’Etat de ses responsabilités.

Que l’on oublie toujours de rajouter la lettre B(Breveté) à OGM car les OGM sont toujours brevetés. Ce qui veut dire coûteux. Et donc, qu’en terme de mesure contre la faim dans le monde, OGM(B) signifie : IMPOSTURE. et Que celui qui possède l’arme alimentaire possède l’arme absolue.

Je laisse la morale de cette histoire à Gandhi : « Deviens le changement que tu veux voir dans le monde »

"Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes puisse changer le monde.
En fait c’est toujours ainsi que le monde a changé." Margaret Mead

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